Apprends-moi à pleurer (l’enfant et les pleurs)

Nous avons été surpris récemment par quelques comportements « agressifs » de notre ainé. Rien de très grave, mais nous l’avons vu jeter un ballon volontairement dans les fleurs, tirer fortement la queue de Melody (petite chatte très patiente…) ou encore le soir envoyer quelques coups de pieds dans le thorax de son père lors d’une séance de déshabillage. Étions-nous finalement en face de ce fameux instinct agressif que l’on attribue parfois aux enfants?
N’étant pas du tout favorable à la fessée ou autre punition pour résoudre ces difficultés, nous avons d’abord tenté de lui faire prendre conscience que son comportement était blessant en lui montrant ce que son attitude pouvait avoir de désagréable. Notre bienveillance n’y fit rien….

Après deux soirées un peu difficile au moment du couché et un peu de réflexion, je décidais d’agir autrement. Je le pris fermement contre moi le soir suivant lorsqu’il recommença en lui disant que je ne pouvais accepter son comportement…il se mit à pleurer quelques minutes…Les soirées suivantes furent sans incident…

On pense souvent que les pleurs ne sont là que pour nous permettre de décharger un trop plein d’émotions captées dans la journée. En réalité nous accumulons souvent des sentiments négatifs fruits de nos peurs et de nos frustrations. Ces sentiments retenus viendront finalement s’exprimer sous la forme de charges agressives ou destructrices.

L’enfant dans une journée vit de nombreuses situations qui peuvent occasionner chez lui de la peur, de la colère ou de la frustration. Si nous vivions nous-même chez des géants (ce que nous sommes pour les enfants),nous aurions sans aucun doute les mêmes réactions. Nous pensons que nous leur offrons la plupart du temps une ambiance qui les respecte. Mais, nous oublions simplement que nous les faisons vivre dans un univers d’adulte.

L’enfant a besoin de savoir qu’il peut exprimer ces sentiments négatifs. Pour cela, il doit se sentir en confiance et en sécurité. L’adulte doit lui permettre de les traduire sous forme de pleurs pour s’en libérer. S’il en a l’occasion, il restera coopératif et paisible; sinon ses sentiments refoulés viendront à nouveau s’exprimer de façon agressive. Avant de permettre à enfant de se libérer de ces sentiments, il faut soi-même se sentir calme et apaisé pour éviter que malgré nous il ne capte une tension supplémentaire rendant impossible le climat de confiance dont il a besoin.
Un enfant dont on accueille les pleurs naturellement aura plus de facilité à vivre sereinement. Ces pleurs ne doivent pas être la conséquence d’une punition. L’enfant n’en serait que plus confus. Ils sont simplement le signe que l’enfant vit dans un environnement qui lui permet d’exprimer aussi des sentiments négatifs pour éviter qu’ils ne se transforment en comportements agressifs contre lui-même et contre les autres. Les pleurs ne disent pas uniquement la faim du nourrisson. Ils permettent à l’enfant comme à l’adulte de se libérer d’un conflit intérieur.

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2 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Aude

    Ici aussi, les pleurs sont entendus, écoutés et accompagnés… Je suis convaincue qu'ils sont un moyen (efficace) d'évacuer les tensions.
    Le rire aussi, d'ailleurs… 😉

    J'en profite pour te souhaiter bonne continuation avec ce blog déjà fort intéressant et prometteur ! 🙂

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