De l’allaitement et du maternage

Encore un petit message autour de l’allaitement. Il me semble que ce sujet est inépuisable…  Chaque allaitement est différent pour chaque femme et comme pour chaque nouvel enfant… Il y a bien des choses à raconter à chaque fois.
Ce qui me fascine en ce moment, c’est la volonté bien précise de mon petit bonhomme de 19 mois de savoir quand il veut téter et quand il ne le veut pas. Très tôt, comme son grand frère, il a arrêté de boire en journée déjà avant ses 1ans. Depuis plusieurs mois, il ne boit plus que le matin et le soir au sein.
Pour une maman qui aime allaiter, cela peut parfois être difficile d’accepter que son « petit » de un an ou plus ne veuille plus téter autant, plus aussi régulièrement, selon ses envies. Et pourtant, je crois bien qu’il faut l’accepter… apprendre à l’accepter. 
Pour moi, il n’y a rien de meilleur à voir que l’enfant sait, et qu’il décide de vouloir téter, lorsqu’il en ressent vraiment le besoin. Chez nous, c’est le matin au petit réveil, je le cherche dans mon lit et il peut rester à tétouiller pendant trente minutes ou plus, encore à moitié endormi… Parfois il se lève, il va jouer un peu et il revient me voir, voulant encore profiter de quelques minutes au calme contre sa maman. C’est merveilleux d’avoir ce petit être à coté de soi. Sa volonté se manifeste encore lorsqu’il ne veut pas boire. Si je lui propose le sein, même s’il pleure, il se libère de mon étreinte, avec un coup de coude me disant « mais laisse-moi tranquille avec ton sein, j’en veux pas ». Voilà un petit homme qui devient grand… et qui ne veut pas qu’on l’empêche de grandir à son rythme.
L’allaitement se joue à deux: mère et enfant. Pour moi, il s’agit d’écouter son bébé et son besoin et non pas la nôtre.  Mais il faut que la maman ait envie d’allaiter bien-sûr…  Mais cela ne devrait pas (à mes yeux) être un besoin de la maman en tant que tel. Parfois quand le bébé avait décidé de ne pas boire pendant plusieurs heures et que j’avais les seins durs et débordants, j’ai fait avec… Mais au début de l’allaitement quand la lactation « automatique » n’était pas encore en place, cela arrive rarement que le bébé zappe des repas. Et quand plus tard, les seins étaient quand même un peu douloureusement durs, parfois je les massais pour faire sortir le lait en surplus et plus tard le bébé tétait quand il en avait besoin. 
Comme c’est une relation affective, il est parfois difficile de faire la part des choses. On aimerait souvent que notre bébé reste un petit bébé blotti contre nous, dépendant de nous… mais est-ce vraiment ce qui est souhaitable au fond? C’est un ressenti émotionnel, cela  nous procure du bien parce que souvent on est un peu frustré du regard souvent posé par une société qui ne nous comprend pas. On se sent ainsi un peu valorisé et utile. Certes, cela joue probablement un rôle chez quasiment toutes les mères. Mais  dans l’éducation et l’accompagnement des enfants, un principe reste toujours de rigueur: « s’effacer pour que l’enfant puisse grandir ». Il est souvent plus facile d’appliquer ce principe dans « l’éducation scolaire », dans notre cas, c’est la pédagogie Montessori, mais en tant que parent, on a parfois du mal à couper le cordon qui nous relie à notre enfant. Ce cordon est symboliquement et réellement coupé à la naissance du bébé. Maintenant le bébé a besoin de nous, a besoin de nourriture, de soins et d’affection aimante de ses parents. Sans cela il ne peut vivre. Mais plus le bébé grandit, plus il devient autonome, plus il se détache lui aussi, de ses parents. Ce détachement dure des années et commence dès la naissance. Notre bébé est une personne entière, encore petite, mais avec toutes les capacités en lui pour devenir une grande personne autonome. Si en tant que parent on « étouffe » notre bébé par trop de présence, trop d’affection, trop de maternage, on évite que l’enfant se développe à son rythme. Pour moi, materner veut d’abord dire écouter son enfant, l’observer, pour savoir ce qu’il veut, ce qu’il veut faire. Et tout cela n’est que possible si on met en arrière plan nos attentes, nos désirs, nos affaires. C’est difficile parfois, surtout, si on est fatigué (comme toujours….). Mais cela devrait être notre but. Et je crois qu’un enfant qui vit une telle relation, respectueuse des désirs, des besoins, en l’écoutant au mieux, se voit plus vite autonome et responsable dès le plus jeune âge. Il est vraiment surprenant de voir de quoi les petits enfants sont capables si on les laisse faire.
Mais, je sais bien que cela n’est pas possible pour certaines femmes, qui font facilement des engorgements etc. A chacun de trouver son rythme, dans ce billet je ne parle que de moi, de mes expériences allaitantes et je ne voudrais en aucun cas juger ou critiquer qui que ce soit. Je n’ai aucun problème à dire que chaque femme fait comme elle l’entend, même si cela va contre mes conviction. Il est justement important d’être à fond dans ce qu’on fait, sinon le bénéfice peut être moindre que si on faisait autrement….
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