De l’amour scientifié…au mystère de la Nativité!

Nous vivons dans la postmodernité. Cette période historique est certainement sans précédant du fait du développement de la révolution numérique qui modifie notre rapport à l’espace et au temps. On connait bien par exemple l’adresse URL de ses contacts, mais pas forcément leur lieu de vie physique; on se pose des questions par mobiles interposés tout en trouvant la réponse immédiatement sur le web…Cette révolution, nous la pratiquons au quotidien….
Une autre caractéristique beaucoup moins visible de cette période que nous traversons semble être la tentative de convergence entre données « scientifiques » et « données religieuses ». Si cette approche n’est pas encore devenue une véritable matrice culturelle, on peut cependant constater, grâce à internet, qu’au-delà des standards médiatiques une véritable recherche d’intérêts convergents entre sciences et traditions est à l’œuvre. Toutes les disciplines sont aujourd’hui touchées par cette recherche de cohérence. La psychologie recherche toutes les implications politiques et sociales du fameux « connais-toi toi-même »; l’écologie se demande comment retrouver un juste rapport avec le mythe de la Terre-Mère; la philosophie et la religion se mettent régulièrement autour de la table pour élaborer un dialogue fructueux entre raison et foi; la psychologie s’enrichit des découvertes en matière de spiritualité. Les exemples pourraient ainsi être multipliés.
A l’approche de Noël, j’ai envie de revenir sur un axe de convergence qui a été récemment mis en lumière par l’obstétricien Michel Odent. Pionnier de l’accouchement physiologique, Michel Odent dans son ouvrage intitulé « l’amour scientifié » consacre un interlude fort intéressant à la Nativité. Michel Odent ne cherche pas à faire œuvre ni d’historien ni de théologien. Mais, il remarque que la « scientification de l’amour illustre parfaitement la convergence entre les données de la science moderne et ce qui est transmis depuis les temps les plus anciens par les traditions orales et écrites ». Il  exprime la correspondance qui existe entre les conditions de la naissance divine et celle de toute naissance humaine: « l’une des principales conclusions qui a émergé de notre effort de synthèse est que la capacité d’aimer est, dans une grande mesure, déterminée par des expériences précoces pendant la vie fœtale et la période qui entoure la naissance« .
« LE MEILLEUR DES LIVRES POUR L’ACCOUCHEMENT »
Michel Odent poursuit sa réflexion et donne à ceux qui sont en quête de bibliographie sur  la naissance quelques lectures bibliques… »Lorsque je parle de physiologie de l’accouchement et de la naissance, on me demande souvent des références d’articles ou de livres. Ma réponse peut surprendre. Je renvoie à un best-seller écrit il y a plusieurs millénaires. Je conseille d’abord d’en lire attentivement la première page, où l’on trouve une association hautement significative. On y mentionne le péché qui consiste à consommer le fruit de la connaissance, c’est à dire le péché qui consiste à en savoir trop. Sur la même page, on y apprend que les êtres humains sont condamnés à avoir des naissances difficiles. Cette association indique clairement que le développement de l’intellect est un handicap en certaines circonstances, particulièrement pour la naissance des bébés. Je conseille ensuite de lire ce livre bien connu jusqu’à la fin. On y trouve alors l’histoire d’un homme dont la mission était de promouvoir l’amour. On y apprend que sa mère trouva une stratégie pour surmonter son handicap d’être humain et réduire l’activité de son néocortex lorsque le bébé a donné le signal de sa venue prochaine. Elle accoucha dans une étable, parmi les mammifères, en dehors de la communauté humaine. Peut-on imaginer meilleurs illustration de ce qu’est l’actuelle convergence sciences-traditions? Certains messages n’ont jamais été décodés avant l’avènement de la science moderne ».
L’ACCOUCHEMENT PHYSIOLOGIQUE: UNE VOIE SACRÉE
Après avoir été un praticien très interventionniste et technologiste, Michel Odent a changé de vision au fil de ses expériences pour finalement encourager les naissances physiologiques à travers les Maisons de naissance, l’accouchement dans l’eau et l’accouchement à domicile. Sa grande découverte est on ne peut plus simple: enfanter ne s’apprend pas! Toute tentative d’intellectualiser un processus naturel aussi complexe est le meilleur moyen de courir des risques…Je résumais ici les facteurs qui peuvent fortement gêner l’accouchement physiologique (langage rationnel, lumière forte, sentiment d’être observée, sentiment d’insécurité).
La naissance de Jésus, dans une simple étable, est archétypale de toute naissance physiologique car, comme le note justement Michel Odent, tous les facteurs perturbateurs sont neutralisés. « La situation était idéale pour que Marie se sente en sécurité. Le « travail » a pu s’établir dans les meilleurs conditions possibles…Peu après sa naissance, le nouveau-né Jésus était dans les bras d’une mère extatique, aussi instinctive qu’une mammifère venant d’enfanter peut l’être. C’est dans une atmosphère véritablement sacrée que Jésus fut accueilli et qu’il put, facilement et progressivement, éliminer les hormones de stress qu’il lui avait fallu secréter pour naître. Le corps de Marie était bien chaud. L’étable elle-même était chaude grâce à la présence d’autres mammifères. Instinctivement, Marie couvrit le corps de son bébé avec un vêtement qu’elle avait sous la main. Elle était fascinée par les yeux de son bébé et rien n’aurait pu la distraire de l’intense croisement des regards qui s’établit« .
Toute naissance nous ramène aux origines de la vie. En ce sens toute naissance est sacrée. La vie est au-delà de tout ce qu’une intelligence humaine pourra jamais produire. C’est pour cette raison que pour en découvrir la profondeur, il est parfois nécessaire de faire taire les subtils circuits de notre néocortex. L’amour se dévoile au mieux dans la sérénité, l’obscurité et la confiance. Nous devons à Michel Odent de nous avoir fait découvrir que le miracle de la vie demande l’humilité de la pensée et le respect des lois physiologiques. Voilà un petit sujet de méditation pour ce temps de Noël.

 J’en profite pour souhaiter à toutes celles qui portent actuellement un enfant le plus beau des voyages jusqu’au jour attendu où vos regards se croiseront…
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