Nous voilà de retour

Après quelques semaines de silence, notre blog laissé au repos refait surface. Notre vie a connu en effet quelques changements qui expliquent ce temps de retraite.
Nous avons (encore) déménagé cet été dans une charmante maison au cœur de l’Alsace, en plein milieu des vignes et les travaux de rénovation nous occupent bien. Même si tout n’est pas encore terminé, nous ralentissons le rythme pour reprendre une vie « à peu près normale ». J’espère donc pouvoir trouver le temps d’écrire plus régulièrement et vous donner ainsi de nos nouvelles.
Nos deux petits garçons ont maintenant 4 et 2 ans. Ils forment un sacré tandem de « fous-fous » qui occupent bien mes journées. 
Grégoire fait depuis cette rentrée du judo et de l’éveil musical. Il nous demande maintenant à jouer du violon… affaire à suivre si l’envie demeure…
S’il va avec un plaisir certain à l’éveil musical, il appréhende encore un peu le judo, puisque le « tête à tête » direct avec un autre enfant le bloque encore un peu. Il a toujours besoin d’observer les enfants avant de se lancer… mais une fois dans la mêlée, il se donne à fond et me revient avec un visage souriant.
Depuis notre déménagement nous avons la chance d’avoir une salle de classe indépendante et cela facilite pas mal les choses. Pour un enfant c’est plus facile d’y aller et d’y rester sans avoir de jouets ou d’autres objets qui peuvent perturber son attention. En tout cas, jusqu’à présent le travail se déroule bien et la classe est agréable. Je peux maintenant fabriquer mon matériel dans la salle de classe pendant que Grégoire et Théophile travaillent. C’est un bon stimulant pour chacun…

C’est une tout autre atmosphère maintenant. On est dans la classe, on
s’installe, on prend son matériel et on a du temps. Avant notre
déménagement, c’était différent. Comme la salle de classe faisait partie
du salon, je vaquais régulièrement à mes « préoccupations » et le calme
n’était pas toujours au rendez-vous. Maintenant je n’ai rien d’autre à
faire dans la salle de classe que de continuer à fabriquer du matériel
et cela « calme » les enfants. Ils y sont bien. On est tous ensemble et
chacun fait son travail. S’ils ont besoin de moi, je suis là, et cela ne
m’empêche pas de mener mes activités à côté. Personne n’est ainsi
pressée ce qui est très important pour Grégoire. Souvent il a besoin
d’un long moment (cela peut parfois durer presque une heure) jusqu’à ce
qu’il trouve un travail qui l’absorbe ou qu’il veuille bien faire
quelque chose en langage ou mathématiques. Si on est soi-même occupé à
quelque chose de tranquille, l’enfant est bercé par cette atmosphère et
il fini par travailler aussi. C’est justement ce calme « hors du temps »,
sans stress, qui permet à Grégoire de travailler. Cela évite aussi que
je le « pousse » vers telle ou telle activité sans qu’il y soit prêt.

Notre salle de classe coté vie pratique (coté gauche) et vie sensorielle (coté droit)
 
 Le coin botanique et géographie
En détail: des activités pour les tout petits, un peu de pâte à modeler, et la vie pratique
 
La vie sensorielle, le début du calcul et du langage
Grégoire a fait le tour de la vie sensorielle. Il fait maintenant ses premiers pas dans l’ univers « lecture-écriture » et « chiffres-compter ». Il continue bien-sûr les activités de la vie sensorielle (et pratique aussi, surtout si son frère est dans la classe) avec une attention et une maturité nouvelles. Ce sont les mêmes activités, mais on voit qu’elles prennent un nouveau sens pour lui. C’est vraiment un plaisir à voir et cela me donne toute l’énergie requise pour poursuivre l’aventure… Voir l’enfant ainsi captivé par ce qu’il travaille est simplement merveilleux. Il y a une intelligence dans le matériel que je découvre avec l’enfant…en l’observant. Merci encore à Maria Montessori!
Dans le domaine du langage et du calcul le rythme est encore peu soutenu. Même si Grégoire est attiré par les chiffres et les lettres, il ne passe encore que peu de temps à leur contact. Mais, petit à petit, j’essaye de trouver des moyens d’éveiller son désir. Il est parfois difficile de se détacher de la méthode « scolaire de Montessori (qui elle est faite pour une salle de classe avec plusieurs enfants). Parfois il faut être plus « libre », plus imaginatif, pour permettre à l’enfant d’y trouver du plaisir et d’avancer selon son rythme. C’est ça justement Montessori dans l’esprit: s’adapter à l’enfant, trouver le chemin qui lui est propre et l’accompagner. Cela veut dire accompagner sa main et le guider. Ce n’est pas le faire avancer devant soi, ni  le tirer derrière soi. Il n’y a finalement que l’amour envers l’enfant et notre sens de l’observation pour nous donner les indices du « comment faire ». 
Comme Grégoire est un enfant qui n’aime guère l’échec et qui recherche la perfection, il est parfois difficile de lui faire travailler quelque chose qui demande un certain apprentissage comme la calligraphie.
S’ajoute à cela la « contrainte ». Cet enfant n’aime ni la contrainte, ni la demande, cet enfant est libre. Plus on demande, moins il en fait. Plus on met de contrainte, plus il se borne. Plus on essaye de tirer, plus il se laisse rouler par terre… Je n’était pas tout à fait consciente encore il y a peu de temps de son extrême liberté, mais je me rends compte qu’elle s’affirme avec une ténacité certaine.. J’essaye alors le plus possible de ne pas brusquer sa liberté pour ne surtout pas éteindre les désirs qui l’animent
Théophile est une petite boule d’amour. Toujours souriant, un brin espiègle et toujours prêt à foncer la tête en avant. Mais pas n’importe comment. Il maîtrise bien son corps et grimpe comme un singe à peu près n’importe où!
Son caractère vif le fait avancer d’une manière étonnante. Dans la salle de classe il voudrait bien imiter son grand frère, mais je le limite encore à la vie pratique uniquement. Les versées de l’eau sont le « hit », particulièrement une carafe et des petits verres qui l’attirent et le captivent beaucoup. 
Il est très amusant de voir que Théophile a vraiment conscience que tout peut se casser dans la vie pratique. Il n’ose pas prendre un plateau de l’étagère. Il me demande toujours de le prendre.  J’essaye de lui faire comprendre qu’il peut se servir tout seul, mais pour l’instant il suit la voie de la facilité… et de la sécurité…dans ce domaine… Cela pourrait être en contradiction avec son caractère, mais en fait pas du tout. Il a une énergie folle, il est vif, mais toujours dans la mesure et dans la précision. Il fait très attention à ce qu’il fait (bon, bien-sûr, des verres, ça se casse régulièrement aussi chez nous…) et ses gestes sont précis et affirmés… 
Comme quoi, les seconds ont toujours la place « facile »… ils voient tout, ils peuvent tout imiter d’un plus grand, ils sont stimulés et entraînés…Théophile commence par ailleurs à parler dans les deux langues: ils apprécient notamment dire sans relâche « Eis » (glace) et « bonbons »…
Vous aurez compris que ces deux petits gars ont toute la vie en eux et font en sorte qu’on ne s’ennuie jamais. Lorsqu’un moment de repos se fait désirer, il y a toujours des livres à lire avec eux sur la canapé, pour voyager parmi les chantiers, les fermes, la nature, les histoires…Le monde n’est que petit pour celui qui croît l’être. Même en restant à la maison, on fait des tours du monde…
Notre emploi du temps est souple, comme il se le doit quand on fait l’école à la maison. Le matin on se lève quand on est réveillé, selon l’horaire du coucher le soir… Je me demande vraiment comment on fait quand on envoie les enfants à l’école? Avoir un protocole du soir et du matin afin de pouvoir survivre? Je ne le sais, mais le plus simple, le plus agréable c’est de vivre au jour le jour, sans tout le stress le matin et le soir…
Notre salle de classe est visité une ou deux fois par jour. Si c’est le matin, on y va avec les deux garçons et souvent on y retourne avec Grégoire l’après-midi pendant la sieste du petit pour pouvoir travailler tranquillement.

Tout cela sont des moments précieux de calme, de sérénité, de bonheur et de joie de vivre… S’il n’y avait pas un homme dans cette maison pour permettre cela, que ferait-on? Merci à lui!
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1 Commentaire

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  1. 1
    laetitia

    Contente de te relire.
    J'aime beaucoup ta salle de classe, bien aménagé, et tuas a vraiment tout le matériel, cela doit être un vrai bonheur.

    Je te rejoins sur Montessori à la maison et en classe, il y a une différence. Il faut trouver une façon d'apporter l'enfant sur un matériel. Pour qu'Elliot veuille les chiffres, je lui est présenté le plateau de farine, comme ça on avance, car il veut vraiment écrire mais ne veut pas passer par l'étape apprentissage. Lors de mon stage 3, j'en est discuter avec Yvette, qui m'a dit qu'Elliot avait une intelligence concrète et donc le résultat, elle m'a conseillé de vite lui présenter la boîte à fuseau, chose qui me parait un peu difficile vu qu'il ne connait pas les chiffres…. bref affaire à suivre.

    En tout je vous souhaite une belle vie dans votre nouveaux chez vous.

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