Accompagner les pleurs

Voici à nouveau une réflexion sur les pleurs. Nous apprenons toujours… Concernant les pleurs, nous avons toujours adhéré à la « méthode Solter » qui consiste à accompagner les pleurs d’un enfant en le tenant dans ses bras. Ces pleurs sont des pleurs de décharge. Ils sont le plus souvent suivis d’un  retour au calme ou alors d’un paisible sommeil..
Jusqu’à présent, nous appliquions cette méthode régulièrement avec Théophile et aussi avec Grégoire quand il était encore petit, mais à vrai dire, nous n’avions pas vu Grégoire pleurer plus de quelques minutes depuis une éternité. C’est un enfant qui pleure rarement, uniquement quand il se fait mal, quand il a eu peur etc, et ses pleurs sont vite consolés, malgré le fait qu’on lui propose d’extérioriser ses sentiments et ses frustrations.
Il y a une dizaine de jour,  j’ai accompagné les pleurs de Théophile en début de soirée étant sur le canapé du salon tandis que Grégoire jouait à coté de moi. Me voyant avec Théophile qui pleurait, il s’est rapproché pour lui donner un baiser. 
A un moment donné, il es tombé et il s’est mis à pleurer. Je lui ai alors demandé de venir dans mes bras, ce qu’il a fait, s’arrêtant presque de suite de pleurer. Je voulais le garder dans mes bras, mais lui ne voulait plus. Quelques minutes plus tard, il tomba à nouveau  en allant chercher un jouet, il resta par terre, il pleurnicha et il ne voulut pas se lever pour venir me voir. Au bout de quelques minutes, je l’ai pris dans mes bras (toujours avec Théophile qui pleurait encore) et là Grégoire a continué de pleurer. J’avais dans chaque bras un garçon en pleurs… Grégoire se débattait parfois pour s’écarter de moi, il se jetait par terre pour continuer à pleurer. Je l’ai repris, je l’ai serré contre moi avec l’écharpe de portage (parce qu’avec Théophile dans mes bras, je n’avais pas assez de force pour le garder serré avec moi). Ses pleurs ne finissaient pas, il pleurait fort, parfois un peu moins, il se débattait toujours de temps en temps pour finir par se blottir contre moi… parfois il se cachait le visage avec un pan de l’écharpe pour que je ne le vois pas…Je l’ai serré contre moi, je lui ai dit que j’étais là avec lui pour l’écouter, qu’il pouvait laisser sortir toute sa frustration car il est bon de pleurer parfois… 
A un moment donné, Théophile s’est arrêté de pleurer. Il était tout calme et je pouvais le poser à coté de moi. Il a regardé autour de lui tout apaisé… J’ai pu alors m’occuper entièrement de Grégoire qui pleurait toujours. Grégoire a fini par s’arrêter de pleurer au bout d’une heure et s’est endormi d’un coup. J’ai pu le poser dans son lit et il a dormi 13h d’affilé…
Cette séance de pleurs, avec l’accompagnement m’étais totalement inconnu avec Grégoire, à part quand il était encore bébé. J’avais oublié qu’un enfant qui ne pleure pas a tout de même ce besoin de pleurer et d’évacuer ses frustrations. C’était donc une première et cela m’a profondément émue et marquée de voir mon petit garçon pleurer d’une telle façon, comme si tout le chagrin du monde sortait de lui… Mais la sérénité qui en a suivi en dit long sur les bienfaits des pleurs.
Hier après midi, j’ai couché Grégoire pour la sieste. Cela fait 4 semaines qu’il ne dort que très rarement l’après-midi, malgré des signes très visibles de fatigue. Grégoire ne résiste jamais au fait que je le couche. On regarde un livre avant, on obscurcit la chambre un peu et je sors. Souvent, dès que j’ai fermé la porte, Grégoire sort de son lit pour jouer dans la chambre. Je ne le remets que très rarement dans son lit, je le laisse jouer un peu au calme et visiblement cela lui convient tout à fait. Au bout de 2h, parfois même 3h de jeux calme dans sa chambre (bon il me met parfois un sacré bazar tout de même!!), il toque à la porte pour sortir (parfois il ne toque pas…).
Ce matin là, Grégoire s’était réveillé tôt, il était fatigué, cela se voyait de loin… Quand je l’ai mis au lit, il est sorti presque de suite pour jouer. Comme nous voulions nous promener par ce beau temps, je me disais qu’il était vraiment nécessaire qu’il dorme… mais je ne savais pas comment le faire dormir! Les méthodes d’apaisement (lire un livre, massage etc) marchent bien pour le calmer, pour le centrer, mais sont rarement suivies d’une sieste. 
Je suis alors entré dans sa chambre et je l’ai pris dans mes bras. Au début il s’est laissé faire, mais très vite il voulait se défaire de mon étreinte pour jouer… Je l’ai gardé fermement mais gentiment dans mes bras. Il commençait à s’énerver, il voulait se débattre, me taper, mais j’ai continué à le tenir contre moi, fermement, mais avec douceur et je lui ai dit qu’il pouvait s’endormir dans mes bras s’il ne voulait pas dormir dans son lit. Il a commencé à pleurer, mais il se débattait toujours de temps à autre… il a ainsi pleuré une bonne vingtaine de minutes et il s’est endormi ensuite dans mes bras, après que j’ai continué à encourager ses pleurs quand il avait arrêté. Je l’ai posé dans son lit et il a dormi deux heures. Il était d’une humeur solaire après… un  vrai plaisir de le voir si calme, et détendu tellement bien… Il a marché après pendant 2h et demi dans les vignes…goûtant absolument toute les trouvailles qu’il pouvait faire chemin faisant…
Voilà mes récentes expériences pour l’écoute des pleurs. Cela m’a vraiment profondément bouleversé et mon mari aussi. Le calme de l’enfant après une telle séance de pleurs est impressionnant.
Ce qui est très difficile pour moi, c’est de tenir Grégoire contre moi… Comme il résistait physiquement fortement contre moi, j’avais l’impression de le « forcer » avec mon étreinte, mais j’ai vite compris que cela était nécessaire.
Jamais de ma vie je n’aurais cru tout ce que raconte Aletha Solter dans ses livres, si je n’avais pas eu le « déclic » en accompagnant les pleurs de Grégoire. Ce n’est que maintenant que je comprends vraiment ce que veut dire « les pleurs de décharge ». Même si un enfant pleure souvent, à mon avis, il a besoin tout de même de temps en temps de décharger par une bonne séance de pleurs, et pas uniquement quand l’enfant se fait mal etc.
En fait, ma prise de conscience m’a montré qu’un enfant, a besoin de pleurer et il faut provoquer les pleurs. Et que même si l’enfant ne veut pas être dans vos bras, s’il se débat, il est tout de même nécessaire de le tenir…
Et ce qui est réconfortant, c’est que le temps passe finalement assez vite! Chose que je n’aurais pas pu m’imaginer…. « Ecouter » des pleurs doit être forcément long, épuisant etc… mais comme on sait que c’est pour le bien de l’enfant, qu’il en a besoin, on passe un moment avec lui, on l’accompagne, on l’aime et le temps passe vraiment vite! L’autre soir, lorsque j’ai écouté les pleurs des deux petits, les deux heures passées avec eux, je ne les ai pas vues! L’amour ne compte pas…. c’est toujours aussi vrai!
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1 Commentaire

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Anonyme

    Bonsoir
    Je viens de lire avec attention votre témoignage. J'ai découvert l'accompagnement aux pleurs dans le livre d'Aletha Solter. C'est difficile parfois mais lorsqu'on a conscience de la considération que l'on porte à son enfant à ce moment, à ses ressentis et à ses besoins, une accepte mieux cette décharge émotionnelle. Ce Cqui me semble difficile c'est de tenir mon fils qui se débat parfois et de trouver les mots… je le rassure en lui disant que je reste auprès de lui, qu'il est courageux d'exprimer ses émotions, que je l'aime… mais j'ai toujours peur de ne pas dire ce qu'il faut ou au moment où il faut. je suppose qu'avec le temps et les prochaines "séances de pleurs" cela deviendra plus naturel.
    Claire

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