Montessori, Education Cosmique et Talent Reveal : ateliers et formations

Environnement, enthousiasme et observation intelligente

L’environnement Montessorien a quelque chose de formidable car il développe progressivement la conscience de l’enfant. Cet environnement, avec un matériel bien spécifique, permet à l’enfant de pénétrer pas à pas les qualités structurelles du monde qui l’entoure et de donner à sa liberté une orientation qui réponde aux besoins profonds de son psychisme.
L’ENVIRONNEMENT DE L’ENFANT EST VASTE COMME LE MONDE:
Cependant, l’esprit de l’enfant, cet embryon spirituel porté vers l’infini, ne peut se contenter uniquement du meilleur matériel possible et de la meilleure pédagogie. Nous sommes là pour l’accompagner, mais l’aventure lui appartient! Facile à dire…Car, je constate combien malgré moi la tentation est toujours grande de vouloir  “stimuler” en intervenant pour leur donner le “meilleur”. Cette petite racine là est bien tenace. Elle menace toujours de gêner la croissance du jeune pousse assoiffé de découvertes et d’apprentissages.

Grégoire captivé par l’infiniment grand…et l’infiniment petit…

En prenant le temps d’observer régulièrement Grégoire dans le jardin, dans la maison, lors de nos promenades, je prends conscience qu’il est important de lui laisser l’occasion de beaucoup apprendre en dehors des moments que nous consacrons au “travail”. Le monde est vaste. Tout l’intéresse. Mais, trop souvent, prise par le rythme quotidien, je ne lui laisse pas suffisamment le temps de profiter de ces moments où son intelligence est profondément frappée par une découverte qu’il fait spontanément. Les exemples récents sont pourtant nombreux et quotidiens. Ainsi Grégoire a été ravi de découvrir le soleil et la lune, profondément absorbé par la réalisation d’une brioche, motivé par la conduite de sa petite brouette, enthousiaste devant le TGV qui voyait repartir l’un de nos visiteurs,  “choqué” de voir la neige recouvrir la voiture de papa, stupéfait de découvrir sa pelle prise dans un bloc de glace, heureux de pouvoir accrocher lui-même des étoiles sur le sapin, jubilant à la vue d’un train électrique roulant “tout seul”, fier d’être parvenu à grimper sur un monticule trois fois haut comme lui, captivé par un livre épais sur le monde animalier, ou encore ébahi de croiser dans une église trois roi-mage ….Bref, si je commence à faire une liste des moments où je l’ai vu apprendre sans aucune intervention de ma part, je ne m’arrête plus… Les occasions se présentent tous les jours. Et, c’est chaque fois l’occasion d’un magnifique échange où l’on voit l’enfant prendre conscience d’une réalité nouvelle.

PARTAGER L’ENTHOUSIASME DE L’ENFANT POUR SES INTÉRÊTS ACTUELS:
Lorsque je revisite toutes ces petites scènes, je me rends compte à quel point l’esprit de l’enfant apprend en profondeur lorsque nous ne faisons qu’accompagner son étonnement et que nous lui donnons les mots pour l’approfondir. L’épisode de la neige sur les voitures a été un vrai choc! Pendant trois jours Grégoire avait une impression de chaos. “Papa, voiture cassée”.  Imaginez le nombre de voitures cassées qu’il a pu voir lorsque nous sommes sortis faire les courses…Il était réellement pris dans un sentiment ambigu naviguant entre le désir de pouvoir faire de la luge et les “catastrophes” provoquées par  la neige. Nous aurions pu balayer cette émotion et passer à autre chose. Mais nous-mêmes stupéfaits de son “choc”, nous avons pris le temps de regarder avec lui, de l’accompagner voir la voiture, pour lui montrer que finalement la neige devient de l’eau, et qu’elle permet aussi de belles descentes au travers des vignobles…
Si la neige est évidemment un épisode marquant qui met en branle-bas les ministères, de nombreux épisodes moins spectaculaires ponctuent le quotidien de l’enfant qui sont une merveilleuse occasion d’apprentissage. Pas une situation en réalité qui ne soit pour lui l’opportunité d’un accroissement spontané de conscience . L’enfant pour autant ne cherche pas à vivre ces moments en solitaire. Frappé par ses découvertes, traversé par des émotions contradictoires, il attend de l’adulte qu’il nomme les choses, qu’il partage son vécu émotionnel, et qu’il accompagne sa sortie de la confusion. L’être humain est ainsi fait que lorsque les choses ne sont pas dites ou exprimées elle restent dans un état de confusion latente qui étouffe la conscience. L’enfant aspire à sortir du chaos. Sa conscience aspire progressivement à émerger des profondeurs pour parvenir à gagner la terre ferme des nombreux continents qu’il tente d’explorer. Le fait de nommer ce qu’il expérimente lui permet cette “sortie des eaux”. Mais cela ne suffit pas. L’enthousiasme et l’écoute active que nous pouvons lui offrir lui donnera par ailleurs le goût et l’envie de poursuivre cette grandiose aventure humaine. Il suffit de repérer ce qui l’intéresse et d’y accorder toute notre attention, ou bien encore de lui faire partager notre enthousiasme lorsque nous faisons une activité ou que nous découvrons quelque chose avec lui.  Nous donnons alors à l’enfant la capacité de nommer les choses qu’il découvre; il nous donne en retour simplement  la joie d’en reprendre conscience au-delà des noms par lesquels nous croyons les connaître
L’OBSERVATION INTELLIGENTE, UN MIRACLE PERMANENT:
L’enfant est un observateur né. Dès les premiers mois, il absorbe son environnement par son regard inlassablement à l’affut de tous les mouvements. Cet esprit d’observation n’a pas de limites. Une fois debout, l’enfant aura le chic de nous pointer du doigt mille et un détails qui aujourd’hui nous échappent. En prenant le temps de nous arrêter à chacun des ses “étonnements”, nous lui permettons de mettre de la clarté en lui-même. C’est certainement là l’une des œuvres les plus importantes que les parents peuvent accomplir au service des enfants. Combien de fois par jours, il m’arrive de ne pas savoir m’arrêter pour prendre le temps simplement de vivre son “étonnement”? Il est vrai que l’enfant est en permanence “victime” de ces “chocs” émotionnels et qu’en réalité nous pourrions passer des journées entières à les partager avec lui. Et là, chacun à ses limites… Pourtant, le sens de l’observation de l’enfant est une sorte de miracle permanent. On a parfois l’impression de vivre la création du monde à leur côté. Ils nous font redécouvrir tout ce qui nous entoure et que nous avons perdus de vue depuis déjà longtemps.
Une des difficultés vient certainement du décalage de rythme. L’enfant peut rester “étonné” de longues minutes quand nous nous sommes habitués à sortir de nos torpeurs avec un expresso “livré” en 35 secondes chrono…Mais, la création de l’esprit humain est une œuvre lente. L’artiste ne se hâte pas. Son temps à lui est hors du temps. C’est un peu comme s’il avait gardé encore la trace d’une transcendance qui l’imprègne…
A son contact, nous pouvons apprendre à revivre. L’enfant parfois peut nous bousculer par toute l’énergie qu’il déploie et qui nous submerge…Mais, lorsque nous respectons son rythme, il nous remet au contact des normes naturels, il nous permet de redécouvrir le monde en sa genèse, de nous laisser fasciner par la simplicité et de vivre l’instant comme un moment d’éternité. Poésie? Peut-être…Mais, notre monde tue le temps. L’enfant nous permet d’en retrouver le sens et la mesure. Et, c’est ainsi que nous assistons progressivement à cette mutation, qui verra bientôt surgir de l’embryon spirituel qu’il est, cette personnalité qui viendra enrichir le monde d’un souffle nouveau…
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